Le Bagne de Toulon
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C’est la meilleure façon de découvrir Toulon et sa rade, la plus belle d’Europe.
Port naturel en eau profonde sa vocation de port de guerre est évidente vu la configuration des lieux.
En partant du port, vous allez croiser sur votre droite un bâtiment en pierre d’un étage : c’est l’ancien bagne de Toulon, enfin, ce qu’il en reste.
Pour dix nouveaux points pouvez vous citer deux noms de bagnards célèbres... Eugéne François Vidocq chef de la sûreté de Napoléon et jean Valjean héros des misérables de Victor Hugo. Pour écrire les misérables Victor Hugo est venu à Toulon se documenter, mais nous en reparlerons un peu plus tard. Revenons au Bagne qui arriva à Toulon avec les galères de Marseille en 1624.
Citons aussi, deux bagnards moins connus, Raoul et Coignard le Monté Cristo Toulonnais.
Raoul, condamné à l'age de 16 ans à 20 ans de bagne pour avoir dérobé à son oncle 20 Louis (1 an par Louis), mena une vie exemplaire obtenant l'autorisation de circuler en ville de temps en temps. Sa peine purgée il ne voulut jamais quitter le bagne.
Pierre Coignard condamné en 1801 à 15 ans de travaux forcés s'évade en 1805. À l’image du comte de Monte Cristo, il se forgea une nouvelle identité en Espagne reprenant le nom d'une famille d'émigré et un titre nobiliaire en se faisant appeler lieutenant colonel de Pontis. Il servit dans l'armée de Joseph Bonaparte Roi d'Espagne. De retour à Paris il fut reconnu par un ancien bagnard lors d'un défilé place Vendôme. Il fut arrêté par Vidocq (un autre bagnard) et retrouva Toulon et ses chaînes en 1819.
Pour deux points pourquoi les bagnards ont des vestes rouges et des pantalons jaunes...parce que ceux sont des ye-yes, non je plaisante c'est pour les reconnaître en cas d'évasion.
Les bâtiments du bagne étaient sur la darse (bassin) vielle, sur la darse neuve et sur ponton flottant. En 1817 un vaisseau hors service servant de casernement à 480 bagnards coula dans la nuit. Tous furent repêchés saint et sauf. Ouf ils ont eu chaud.
Les bagnards étaient classés en ordinaires, éprouvés, incurables et indociles. Ils étaient affectés sur les galères ou à des travaux à terre. Les temps étaient si durs que des hommes libres se portaient volontaires comme rameur sur les galères. Ce n’était pas une partie de plaisir, le taux de mortalité étant très élevés.
Il y avait souvent des évasions au bagne (168 en 1800). Dans certaines soirées ils étaient demandés pour le service en ville. Quel frisson que de frotter ses dentelles à la canaille...
De 1852 à 1973 le bagne de Toulon étant supprimé, les bâtiments serviront désormais de dépôt pour les forçats en cours de transfert vers les colonies.
La sortie de la darse que vous venez de passer s'appelle la chaîne vielle. Pourquoi... dix points à celui qui nous le dira... parce qu'au XVII° la darse était fermée par une chaîne...
En sortant du port sur la droite, vous pourrez voir la base navale et les vaisseaux de la marine française dont le Charles de Gaule quand il n'est pas en mission. Fermée au public sauf en petit train, la base navale de Toulon est un ensemble immense qui couvre 10km de quais. Une véritable ville dans la ville qui emploie 12 000 personnes.
Tout a vraiment commence pour Toulon en 1490 quand sont formés les premiers équipages pour les vaisseaux du Roi. Mais c’est avec Vauban et Louis XIV que l’Arsenal naît véritablement. Les galères royales de Marseille sont transférées à Toulon ainsi que le fameux Bagne. La base est agrandie grâce au travail des bagnards entre le 18ème et le 19ème siècle. Toulon devient alors (ce qu’il est encore aujourd’hui) le premier port militaire français, avec les expéditions coloniales du Second Empire et de la IIIème République (l'expédition pour Alger).
Chaque famille Toulonnaise avait au moins un de ses membre dans la marine ou qui travaillait pour la marine. Beaucoup de femmes pour arrondir leurs fins de mois cousaient chez elles les uniformes de nos petits gars au pompon rouge. Au milieu du XX°s tout le monde connaissait une «marinette», la «marinette» fille engagée dans la marine bien que restant à terre sentait bon l'aventure et «le sable chaud».
